Comment devient-on un auteur ? Questions à Claude K. Dubois

Comment devient-on un auteur ? Questions à Claude K. Dubois

L’auteure-illustratrice Claude K. Dubois (Akim court, Les mots doux…) rend visite à trois classes de CM1. 19/01/2018

« Quelles études faut-il faire pour devenir auteur ? »  « Comment vous est venue l’idée d’Akim court ? » « Le personnage des mots doux est-il un hamster ou une marmotte ? » … les questions fusent dans la classe de CM1 B qui rencontre Claude K. Dubois le vendredi 19 janvier. Cette rencontre s’inscrit dans le projet « les Auteurs à l’école », organisé par l’Institut Français avec le soutien financier de l’UPEA et du Lycée Français Victor-Hugo.

L’auteure illustratrice belge a fait des études d’illustration à l’École supérieure des Arts Saint-Luc de Liège, où elle a appris à « dessiner juste » et à maîtriser les différentes techniques. « Attention, dit-elle, on y dessine tout le temps, alors il faut aimer dessiner ! » Selon elle, le talent n’est pas un prérequis. « Moi, précise-t-elle, je ne crois pas que j’avais du talent mais quand j’avais votre âge, je dessinais tout le temps. Je ne dirais pas que je dessinais mieux que les autres, seulement j’avais très envie de dessiner et j’ai toujours continué à dessiner, alors je suis devenue meilleure. »

Un enfant jeté dans la guerre

A la question «  Comment vous est venue l’idée d’Akim court ? », distingué par le Prix allemand de littérature pour la jeunesse en 2014*, Claude K. Dubois explique que l’envie de raconter ce que vit un petit garçon réfugié lui est venue en raison de l’actualité mais aussi après le décès de sa mère. « Quand ma maman avait cinq ans, il y avait la guerre, et ses parents faisaient de la résistance. (…) Un jour, des soldats sont entrés dans le salon, où elle était en train de jouer, et ils ont emmené son papa et sa maman. Et elle est restée là, toute seule, dans le salon. (…) J’avais envie de parler de l’angoisse des enfants qui vivent ça. »

« Pour préparer cette rencontre, une lecture de trois ouvrages a été proposée aux élèves, suivie de réflexions et de débats, explique Corinne Wagner, professeur des écoles : Akim court, Chez moi, c’est la guerre et La terre de Juana. En parallèle, pour permettre une lecture plaisir, les enfants étaient libres de lire d’autres ouvrages de Claude K. Dubois, en fonction de leurs goûts ou de leur curiosité. Nous sommes aussi allés voir le spectacle original « Akim court » au Theaterhaus, où les pages du livre étaient projetées sur un écran, avec un accompagnement musical à la guitare et des bruitages. Les élèves étaient très surpris que l’on puisse procéder à l’animation d’un livre sans qu’aucune parole ne soit prononcée.

Des histoires riches de sentiments

« Nous avons cherché les points communs entre les ouvrages que nous avons étudiés, avons constaté qu’il y avait beaucoup de sentiments dans ces histoires, et que nous pouvions les ressentir sans même lire le texte, juste à travers les illustrations. »

« Ressentez-vous les sentiments que vous représentez quand vous dessinez ? » demande l’enseignante. « Ah oui, tout à fait », répond sans hésiter Claude K. Dubois « Quand j’étais à la table à dessin pour Akim par exemple, ça me faisait mal au ventre. Parce que j’essayais de me représenter ce que vivait Akim. D’ailleurs j’étais un peu triste à la fin de ce livre. (…) En revanche, quand je dessinais Les mots doux, alors là j’étais bien, je ressentais les câlins et les bisous… » Elle explique aux enfants captivés qu’elle a un miroir à coté de sa table à dessin et que, parfois, elle reproduit telle ou telle mimique, boudeuse ou tendre, pour s’en inspirer.

Pour terminer cette rencontre, elle peint une aquarelle : Lola, le personnage des Mots doux de Carl Norac se construit peu à peu sous leurs yeux des enfants, incrédules et charmés. Enfin, c’est le moment de la photo souvenir, puis l’artiste belge prend congé en donnant à la maîtresse son e-mail… elle a en effet demandé aux enfants d’écrire ou de dessiner la suite de l’histoire d’Akim, et elle attend maintenant leurs courriers !

*Ce livre a aussi reçu le Katholische Kinderbuchpreis 2014.

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